La photo du mois: Capitons

En contraste avec le mois dernier, la photo de ce mois n’a strictement aucune histoire qui mérite d’être contée ici bas. Pourtant, elle est probablement l’une de celles qui a évoqué chez ceux qui m’en ont parlé, des idées, voire des fantasmes les plus divers.
Et vous, que voyez-vous? Au moment de déclencher je n’ai rien vu de ce qui vous traverse l’esprit en ce moment-même et j’ai presqu’envie de clore ce billet à ce point pour que vous continuiez à laisser galoper votre esprit sans moi.
Certains d’entre vous s’arrêteront à la première lecture de cette image qu’ils auront puisé dans la mémoire collective de la culture générale. Le rouge évoque le feu, l’amour, quelque chose d’ardent et de vif. Ajouté à ce capitonnage cossu, la photographie nous laisse quelque part entre un salon feutré de club anglais et une chambre capitonnée d’un vieil hôpital psychiatrique.
S’installer pour mieux lire
Ceux qui prendront la peine d’aller un pas plus loin dans la lecture de cette photographie, commenceront à la connecter à leur propre paysage visuel. La composition simple force à l’évocation et des souvenirs remontent très vite en formant des images subliminales. Certains y verront le fauteuil dans la bibliothèque de leur maison de vacances, d’autres se sentiront transportés dans le lobby d’un hôtel à San Fransisco, les derniers verront éventuellement ce que j’ai vu. En puisant ainsi dans sa propre mémoire, des sensations remontent, des visages apparaissent, on entend presque des sons et l’on revit des instants que l’on croyait oubliés. On voudrait que le rouge soit un peu plus comme ci ou légèrement comme cela, on s’approprie l’instant, on reconstitue une scène. On se surprend à chercher une présence dans les reflets du cuir; on en sentirait presque l’odeur. Le souvenir peut être agréable et la photo devient amie; il peut être dérangeant et on ne l’apprécie pas.











