À Raymond Depardon
De tous les Raymond que j’ai pu connaître dans ma maigre existence, il en est un qui m’a aidé dernièrement à paver mon chemin d’intentions de vie et de visions utiles.
Par fainéantise ou par conviction, je déteste prévoir un voyage. Cette fois, plus que d’autres, je m’étais préparé à errer; je m’étais préparé à ne rien préparer. Je l’ai fait intuitivement, je voulais m’abandonner au voyage, ne penser à rien d’autre. J’ai compris pourquoi sur la route, quelque part dans un train entre Sawankalok et Chiang Mai, lorsque je tournai les premières pages d’Errance.
Je prends habituellement un seul livre dans mon baluchon parce que j’en ai trop ramené par le passé que je n’ai même pas utilisés pour bloquer une porte. « Errance » m’a immédiatement séduit, non pas parce que mon ego a lu mon nom dans celui de l’auteur, mais parce que je me suis reconnu dans le titre de l’ouvrage. J’avoue avoir également été attiré par son format poche, le nombre modeste de pages, le gros caractère typographique et par les nombreuses photos dont j’aurais pu me contenter si je devais rester fidèle à ma procrastination littéraire.