dimanche 7 octobre 2007
La photo du mois: J’irai où ils courront

J’aime le rugby, je n’aime pas le football. Ces derniers temps, l’actualité m’a permis de beaucoup réfléchir à l’un, à l’autre et à ce qui m’en sépare. C’est une question — encore une — qui me turlupine. Qu’est ce qui fait courir les rugbymen; pour qui ou pour quoi courent les footballeurs. Lorsque je regarde des rugbymen, pourquoi suis-je admiratif; lorsque je regarde des footballeurs, pourquoi ai-je la nausée.
Ces deux disciplines ont tant en commun et pourtant, l’une a pris une place anormalement importante dans la société pendant que l’autre a su garder une noble humilité. Souvent entend-t-on dire que les rugbymen ont des qualités humaines que les footballeurs n’ont pas ou plus.
Si j’étais un gauchiste de base, je dirai que tout ceci est la faute au pognon ma bonne dame. Ouaip, travailleurs, travailleuses, le patronat vous ment, le patronat vous spolie. Le fric a pourri le football et contaminera sous peu le rugby.
Etant apolitique, je ne le vois pas ainsi. Je pense que les rugbymen sont des marchands de valeurs et les footballeurs sont leurs faussaires.
« Valeur », le grand mot de ce siècle, utilisé à tout-va et dont la définition est aussi élastique que les bretelles de mes aïeux. La définition de ce mot résume à elle-seule toutes les contradictions perverses de notre société car pourquoi diable utilise-t-on le même mot pour décrire d’une part la qualité d’une personne et de l’autre le caractère d’un bien marchand. S’il y a un linguiste dans la salle qu’il se lève et qu’il parle maintenant.
La valeur d’un rugbyman est-elle la même que celle d’un footballeur? Si comme moi vous aimez les mots, vous serez troublés par les différentes lectures possibles de cette phrase. L’ambiguïté est à peine levée si l’on utilise la forme plurielle: Les valeurs d’un rugbyman sont-elles les mêmes que celles d’un footballeur? Je crois que c’est encore plus troublant et à mesure que je progresse dans l’écriture de ce billet, je comprends enfin pourquoi j’aime le rugby et pourquoi mon amour était si confus.
Ce petit exercice de style montre à quel point tout est si fragile. Il montre à quel point il est important de comprendre pourquoi et vers quoi l’on court dans une société où tout s’accélère. Mon explication très simpliste est que si de tels paradigmes opposables sont partagés par un même mot, ce n’est peut-être pas pour rien. Au lieu de mettre en avant ses propres définitions qui sont souvent celles qui nous arrangent, ne ferait-on pas mieux de s’inspirer d’abord de la langue elle-même dont le but premier a toujours été de nous rassembler? C’est un type qui ne lit jamais un livre qui vous pose la question.
Depuis quelque temps, je suis inquiet pour l’avenir du rugby. Je suis toujours inquiet diraient ceux qui me connaissent, mais cette belle discipline qui était encore méconnue du grand public il n’y a pas si longtemps, subit aujourd’hui la pression de ce que j’appelle le développement-minable qui met en péril la transmission de ses valeurs à cause d’une minorité de vauriens en costume qui préfèrent le calcul à la philosophie.
Aujourd’hui, si j’étais rugbyman, j’aurais envie de raccrocher les crampons pour ne pas risquer de ternir les belles années. Si j’étais footballeur, j’aurais carrément honte d’exercer. Enfin, si je pouvais évoluer dans une société où les personnes portaient des valeurs respectables, je me sentirai d’avantage à ma place et — sans hésitation — j’irai où ils courront.
Analogie
J’aime le graphisme, je n’aime pas la publicité. Ces derniers temps, l’actualité m’a permis de beaucoup réfléchir à l’un, à l’autre et à ce qui m’en sépare. C’est une question — encore une — qui me turlupine. Qu’est ce qui fait courir les graphistes; pour qui ou pour quoi courent les publicitaires. Lorsque je regarde des graphistes, pourquoi suis-je admiratif; lorsque je regarde des publicitaires, pourquoi ai-je la nausée.
Ces deux disciplines ont tant en commun et pourtant, l’une a pris une place anormalement importante dans la société pendant que l’autre a su garder une noble humilité. Souvent entend-t-on dire que les graphistes ont des qualités humaines que les publicitaires n’ont pas ou plus.
Si j’étais un gauchiste de base, je dirai que tout ceci est la faute au pognon ma bonne dame. Ouaip, travailleurs, travailleuses, le patronat vous ment, le patronat vous spolie. Le fric a pourri la publicité et contaminera sous peu le graphisme.
Etant apolitique, je ne le vois pas ainsi. Je pense que les graphistes sont des marchands de valeurs et les publicitaires sont leurs faussaires.
« Valeur », le grand mot de ce siècle, utilisé à tout-va et dont la définition est aussi élastique que les bretelles de mes aïeux. La définition de ce mot résume à elle-seule toutes les contradictions perverses de notre société car pourquoi diable utilise-t-on le même mot pour décrire d’une part la qualité d’une personne et de l’autre le caractère d’un bien marchand. S’il y a un linguiste dans la salle qu’il se lève et qu’il parle maintenant.
La valeur d’un graphiste est-elle la même que celle d’un publicitaire? Si comme moi vous aimez les mots, vous serez troublés par les différentes lectures possibles de cette phrase. L’ambiguïté est à peine levée si l’on utilise la forme plurielle: Les valeurs d’un graphiste sont-elles les mêmes que celles d’un publicitaire? Je crois que c’est encore plus troublant et à mesure que je progresse dans l’écriture de ce billet, je comprends enfin pourquoi j’aime le graphisme et pourquoi mon amour était si confus.
Ce petit exercice de style montre à quel point tout est si fragile. Il montre à quel point il est important de comprendre pourquoi et vers quoi l’on court dans une société où tout s’accélère. Mon explication très simpliste est que si de tels paradigmes opposables sont partagés par un même mot, ce n’est peut-être pas pour rien. Au lieu de mettre en avant ses propres définitions qui sont souvent celles qui nous arrangent, ne ferait-on pas mieux de s’inspirer d’abord de la langue elle-même dont le but premier a toujours été de nous rassembler? C’est un type qui ne lit jamais un livre qui vous pose la question.
Depuis quelque temps, je suis inquiet pour l’avenir du graphisme. Je suis toujours inquiet diraient ceux qui me connaissent, mais cette belle discipline qui était encore méconnue du grand public il n’y a pas si longtemps, subit aujourd’hui la pression de ce que j’appelle le développement-minable qui met en péril la transmission de ses valeurs à cause d’une minorité de vauriens en costume qui préfèrent le calcul à la philosophie.
Aujourd’hui, si j’étais graphiste, j’aurais envie de raccrocher les crampons pour ne pas risquer de ternir les belles années. Si j’étais publicitaire, j’aurais carrément honte d’exercer. Enfin, si je pouvais évoluer dans une société où les personnes portaient des valeurs respectables, je me sentirai d’avantage à ma place et — sans hésitation — j’irai où ils courront.
Prototype inconscient
J’aime la photographie, je n’aime pas les paparazzi. Ces derniers temps, l’actualité m’a permis de beaucoup réfléchir…
Tirage original en édition limitée
Cette image existe en édition limitée de 5 tirages originaux 40 x 30 cm.
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Merci de me contacter.
Commentaires
Timide-Anonyme, lundi 8 octobre 2007 à 18h01
A mon sens, la différence entre le football et le rugby vient de leur médiatisation respective si différente jusqu’à présent; étant donné le tout nouveau engouement apporté au rugby par les médias, je ne donne effectivement pas long temps avant que ce sport ne devienne aussi “friqué-pognoné-flouzé” que le foot.
Quant à comparer un graphiste avec un publicitaire… Je ne vois pas ce qu’il y a comparer entre un artiste et un “vendeur”.
Merci pour ces fantastiques photo et texte, c’est toujours un plaisir pour les yeux et l’esprit.
Véronique B.
Seb, lundi 8 octobre 2007 à 21h25
C’est beau et juste ce vous disez.
Turr mais chuste.
Et puis j’aime beaucoup ce que vous faisez.
Seb.
Sky Man, mardi 9 octobre 2007 à 8h00
En anglais, on appelle le poste de TV la Toxibox.
C’est le lien entre footballeurs, papparazzi et publicitaires.
PS: e, essayes de lire un peu pendant ta méditation de fin d’année
Frederik, vendredi 12 octobre 2007 à 11h15
La photo est si belle; pourquoi touts ces mots? Presque aussi fatigant que courir…
Enrique, vendredi 12 octobre 2007 à 19h35
Il y a deux fois les mêmes… voilà pourquoi tous ces mots.
Note, on n’est pas obligé de lire et si ça peut te rassurer, ça me fatigue aussi parfois. :)