
J’aime le rugby, je n’aime pas le football. Ces derniers temps, l’actualité m’a permis de beaucoup réfléchir à l’un, à l’autre et à ce qui m’en sépare. C’est une question — encore une — qui me turlupine. Qu’est ce qui fait courir les rugbymen; pour qui ou pour quoi courent les footballeurs. Lorsque je regarde des rugbymen, pourquoi suis-je admiratif; lorsque je regarde des footballeurs, pourquoi ai-je la nausée.
Ces deux disciplines ont tant en commun et pourtant, l’une a pris une place anormalement importante dans la société pendant que l’autre a su garder une noble humilité. Souvent entend-t-on dire que les rugbymen ont des qualités humaines que les footballeurs n’ont pas ou plus.
Si j’étais un gauchiste de base, je dirai que tout ceci est la faute au pognon ma bonne dame. Ouaip, travailleurs, travailleuses, le patronat vous ment, le patronat vous spolie. Le fric a pourri le football et contaminera sous peu le rugby.
Etant apolitique, je ne le vois pas ainsi. Je pense que les rugbymen sont des marchands de valeurs et les footballeurs sont leurs faussaires.
« Valeur », le grand mot de ce siècle, utilisé à tout-va et dont la définition est aussi élastique que les bretelles de mes aïeux. La définition de ce mot résume à elle-seule toutes les contradictions perverses de notre société car pourquoi diable utilise-t-on le même mot pour décrire d’une part la qualité d’une personne et de l’autre le caractère d’un bien marchand. S’il y a un linguiste dans la salle qu’il se lève et qu’il parle maintenant.
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