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Prototype inconscient d'un photographe

« avril 2007 »

dimanche 15 avril 2007

VII à zéro

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Les deux jours du séminaire de l’agence VII m’ont un peu sonné par leur intensité. Je suis venu un peu en touriste sans aucune autre attente que de prendre une baffe et celle-ci fut en réalité plus forte que je ne le pensais.

Alexandra Boulat, Lauren Greenfield, Ron Haviv, Gary Knight, Antonin Kratochvil, Joachim Ladefoged, Christopher Morris, James Nachtwey, Eugene Richards et John Stanmeyer sont indéniablement des photographes hors pair mais plus que leurs talents personnels, j’ai été séduit par la cohésion de leur groupe et le côté très famille qu’ils ont su insuffler à cet évènement.

Côté photo, c’était intéressant de voir comment ces photographes explorent de nouveaux moyens de présenter leurs images. John Stanmeyer compose lui-même ses musiques sur Garageband tandis qu’Eugène Richards filme ses planches contacts. Christopher Morris nous a présenté des double-pages de son livre « My America » en commentant avec beaucoup d’humour sa relation avec la graphiste qui l’a composé. On sentait les puristes dérangés par ce qu’ils disaient être une dérive de l’image figée (still image). D’autres voyaient cela comme une évolution naturelle du média et une manière supplémentaire de véhiculer les messages derrière leur travail. Tous s’accordaient à dire que les photographes fricotent de plus en plus avec la vidéo.

Côté humain, que dire d’autre que l’on se sent insignifiant et inutile lorsqu’on sort de deux jours immergé dans la vie de dix photographes qui vouent leur vie entière à documenter le pire de ce monde. Il y avait une sensation de frustration partagée et un participant a même osé prendre le micro pour demander ce qu’il devait faire avec tout ce qu’il s’était pris dans la figure en si peu de temps.

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mercredi 11 avril 2007

VII seminar -2

Demain, départ pour le premier séminaire européen de l’agence de photo VII. L’évènement prend place à la mythique Royal Geographic Society de Londres les 13 et 14 avril.

Je me réjouis de découvrir les présentations de tous les photographes qui seront présents, dont l’impressionant James Nachtwey qui vient de recevoir le prix TED à Monterey.



Pour ceux qui ne connaissent pas le travail de James Nachtwey, c’est une lacune car les témoignages de ce photographe doivent être vus par le plus grand nombre et doivent nous sensibiliser sinon nous faire agir directement ou indirectement contre les horreurs de ce monde. Nachtwey est probablement le plus grand photographe de guerre depuis Robert Capa et plus que son œuvre, c’est l’homme qui inspire par son talent et son abnégation.

Je pars à Londres avec une seule question à poser et avec l’envie indicible de découvrir des univers photographiques que je ne connais pas. Entre nous, je m’attends à prendre une bonne baffe.

samedi 7 avril 2007

La photo du mois: Capitons

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En contraste avec le mois dernier, la photo de ce mois n’a strictement aucune histoire qui mérite d’être contée ici bas. Pourtant, elle est probablement l’une de celles qui a évoqué chez ceux qui m’en ont parlé, des idées, voire des fantasmes les plus divers.

Et vous, que voyez-vous? Au moment de déclencher je n’ai rien vu de ce qui vous traverse l’esprit en ce moment-même et j’ai presqu’envie de clore ce billet à ce point pour que vous continuiez à laisser galoper votre esprit sans moi.

Certains d’entre vous s’arrêteront à la première lecture de cette image qu’ils auront puisé dans la mémoire collective de la culture générale. Le rouge évoque le feu, l’amour, quelque chose d’ardent et de vif. Ajouté à ce capitonnage cossu, la photographie nous laisse quelque part entre un salon feutré de club anglais et une chambre capitonnée d’un vieil hôpital psychiatrique.

S’installer pour mieux lire

Ceux qui prendront la peine d’aller un pas plus loin dans la lecture de cette photographie, commenceront à la connecter à leur propre paysage visuel. La composition simple force à l’évocation et des souvenirs remontent très vite en formant des images subliminales. Certains y verront le fauteuil dans la bibliothèque de leur maison de vacances, d’autres se sentiront transportés dans le lobby d’un hôtel à San Fransisco, les derniers verront éventuellement ce que j’ai vu. En puisant ainsi dans sa propre mémoire, des sensations remontent, des visages apparaissent, on entend presque des sons et l’on revit des instants que l’on croyait oubliés. On voudrait que le rouge soit un peu plus comme ci ou légèrement comme cela, on s’approprie l’instant, on reconstitue une scène. On se surprend à chercher une présence dans les reflets du cuir; on en sentirait presque l’odeur. Le souvenir peut être agréable et la photo devient amie; il peut être dérangeant et on ne l’apprécie pas.

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