VII à zéro
Les deux jours du séminaire de l’agence VII m’ont un peu sonné par leur intensité. Je suis venu un peu en touriste sans aucune autre attente que de prendre une baffe et celle-ci fut en réalité plus forte que je ne le pensais.
Alexandra Boulat, Lauren Greenfield, Ron Haviv, Gary Knight, Antonin Kratochvil, Joachim Ladefoged, Christopher Morris, James Nachtwey, Eugene Richards et John Stanmeyer sont indéniablement des photographes hors pair mais plus que leurs talents personnels, j’ai été séduit par la cohésion de leur groupe et le côté très famille qu’ils ont su insuffler à cet évènement.
Côté photo, c’était intéressant de voir comment ces photographes explorent de nouveaux moyens de présenter leurs images. John Stanmeyer compose lui-même ses musiques sur Garageband tandis qu’Eugène Richards filme ses planches contacts. Christopher Morris nous a présenté des double-pages de son livre « My America » en commentant avec beaucoup d’humour sa relation avec la graphiste qui l’a composé. On sentait les puristes dérangés par ce qu’ils disaient être une dérive de l’image figée (still image). D’autres voyaient cela comme une évolution naturelle du média et une manière supplémentaire de véhiculer les messages derrière leur travail. Tous s’accordaient à dire que les photographes fricotent de plus en plus avec la vidéo.
Côté humain, que dire d’autre que l’on se sent insignifiant et inutile lorsqu’on sort de deux jours immergé dans la vie de dix photographes qui vouent leur vie entière à documenter le pire de ce monde. Il y avait une sensation de frustration partagée et un participant a même osé prendre le micro pour demander ce qu’il devait faire avec tout ce qu’il s’était pris dans la figure en si peu de temps.

